Moins de jours de mer, des zones fermées, un nouveau maillage plus sélectif : depuis 2019, les chalutiers du golfe du Lion ont fait leur part. Les premiers résultats apparaissent sur la ressource. Mais en 2026, le coût de ces efforts repose entièrement sur les armements. L’OP SATHOAN publie une note de réflexion pour l’expliquer, chiffres à l’appui, et formule dix propositions avant le Conseil des ministres européen de décembre.
Les chiffres clés
−16 %
de poisson débarqué par jour de mer en 2026, par rapport à 2025
−19 %
de chiffre d’affaires entre 2024 et 2026, malgré un prix moyen en hausse
112 k€
de chiffre d’affaires perdu par navire et par an (180 jours de mer)
104 → 43
chalutiers en Méditerranée continentale depuis 2006, après six plans de sortie de flotte
Des efforts réels, un coût porté par les seuls armements
Le passage au maillage de 45 mm, les fermetures spatio-temporelles et la baisse des jours de mer produisent leurs premiers effets : selon le CSTEP, la mortalité par pêche du merlu est au plus bas depuis 2002 et le recrutement remonte depuis 2023. Mais sur les chalutiers de l’OP SATHOAN, les apports reculent nettement, surtout sur les petites espèces, et la perte de chiffre d’affaires vient à 85-90 % de la baisse des volumes, pas du marché.
Ces efforts ont été demandés en pleine crise : gazole doublé, chutes de prix sur certaines espèces, aides versées avec retard. Pendant que la ressource se reconstitue, lentement et dans une Méditerranée qui se réchauffe, les dispositifs actuels ne sont pas conçus pour accompagner cette transition.
Éviter un nouveau plan de sortie de flotte
Avec 43 chalutiers, la flottille approche d’un seuil critique. Or le chalut est structurant pour toute la filière : il fait vivre les criées, les mareyeurs, les ateliers et les services portuaires. La filière ne veut pas d’un nouveau plan de sortie de flotte, qui ferait perdre définitivement des capacités de pêche à la France. Mais si la transition n’est pas accompagnée, ce sont les armateurs eux-mêmes qui le demanderont.
Ce que propose l’OP SATHOAN
- Répartir l’effort selon la contribution réelle de chaque flottille
- Stabiliser les règles sur plusieurs années pour mesurer leurs effets
- Accompagner économiquement l’effort de sélectivité, le temps que la ressource se reconstitue
- Verser rapidement les aides annoncées
- Mieux évaluer les stocks à évolution positive, comme le rouget de vase et la crevette rose
- Mobiliser le fonds de dotation Mare Durabilis pour diversifier les missions des équipages
… et quatre autres propositions détaillées dans la note.
Note de réflexion · 13 pages
Données de l’OP SATHOAN, avis du CSTEP, état du marché et dix propositions
Bertrand Wendling, directeur général de l’OP SATHOAN · Sète, novembre 2026